mercredi 30 mai 2018

Entraves - Alexandra Coin

Entraves-Alexandra Coin

L'histoire : 


Le lent naufrage d'une jeune femme victime d'un mari manipulateur.

Mon avis :


J'ai arrêté avant la fin du premier tiers.
Le thème en lui-même pourrait être intéressant mais à la longue je trouve que le personnage d'Emma -exaspérant de naïveté et d'apathie-  fait de ce roman un descriptif long et ennuyeux de la triste vie d'une personne sans caractère et pour lequel l'issue ne peut être que celle que l'on découvre... dès le début du roman.

Les personnages de cette famille ne sont pas crédibles :
- Emma, une personne sans caractère, sans force, qui se laisse maltraiter, insulter et dépouiller sans jamais protester.
- Sa mère qui comprend immédiatement que le futur mari de sa fille est une personne nuisible mais qui s'avère incapable d'aider Emma à ouvrir les yeux, qui "voudrait lui dire" mais ne dit rien.
- Sa sœur et sa tante soi-disant attachées à la famille, aux souvenirs et aux vieilles pierres mais qui renoncent à garder la maison parce qu'une seule des héritières veut vendre, ça ne tient pas debout.

On a envie de secouer tous ces personnages qui ne savent que gémir ou écouter gémir sans réagir,
Ils ne sont pas attachants mais plutôt exaspérants et cela n'aide pas à accrocher au roman.
Emma se laisse glisser à terre avec une facilité déconcertante : la solitude d'Emma entre un mari tyrannique et une famille indifférente et démissionnaire jusqu'à l'absurde semble constituer un piège trop parfait pour qu'on puisse y croire.
Emma est décidément trop faible pour être un personnage sympathique et donner envie de poursuivre la lecture.

Quant à la forme, je n'ai pas compris l'alternance de la narration tantôt à la 1ère personne tantôt
à la 3ème personne : on passe sans arrêt des monologues d'Emma arrivée en unité psychiatrique au récit de ses années passées à se laisser enfoncer par son époux. Un ton monocorde et geignard qui tape vite sur les nerfs.
Par ailleurs, l'utilisation de  tournures élégantes ne fait pas bon ménage avec les fautes d'orthographe et de conjugaison,.

Mais ce n'est vraiment pas cela qui m'a poussée à refermer ce roman longtemps avant la fin :
encore une fois, j'ai dit stop parce que j'étais lasse de ces pleurnicheries qui annonçaient trop clairement la catastrophe inévitable vers laquelle Emma se précipite avec résignation.

En tant que travail littéraire, ce roman ne m'a donc pas séduite.
Ensuite si ce roman est une démarche de l'auteur destiné aux personnes qui sont dans la même situation qu'Emma : l'intention est louable même si c'est peine perdue à mon avis car ces personnes-là ne se sentiront pas concernées.
(Les personnes qui savent réagir n'ont pas besoin qu'on leur fasse un dessin ; les personnes qui subissent sans réagir ne veulent surtout pas voir ce dessin)




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