jeudi 22 juin 2017

L'Arménien - Carl Pineau

'L'Arménien - Carl Pineau

Le début :


La mort violente d'un jeune homme pousse les personnes qui l'ont connu à rassembler les souvenirs émus qu'elles disent garder de lui. De son côté, la police enquête sur certains aspects troubles de la vie de Luc que semblent ignorer les amis de la victime.


Mon avis :


Le début du roman nous pésente plusieurs personnages plutôt sympathiques, parfois déroutants mais parfaitement crédibles et qui, en tout cas, sortent de l'ordinaire.
L'ambiance dans le salon de coiffure est agréablement cocasse.
Ça c'était au début.
Peut-être un manque de profondeur dans la façon de camper l'histoire et les personnages, et en tout cas un texte qui rend la lecture parfois pénible à cause du langage, au départ familier -sans excès- mais qui utilise ensuite de plus en plus d'argot ; je précise que j'aime l'argot (mon blog en témoigne) maisdans le cas présent on a un peu l'impression que l'auteur compose ses dialogues de façon à caser le plus possible d'expressions grossières quitte à rendre vraiment très lourds les propos et le personnage de Bertrand (Bertrand étant le seul personnage à s'exprimer ainsi).

Àpropos de la construction de la trame : une intrigue vue sous des angles différents c'est bien et même à mon avis indispensable au maintien du suspense :
mais ici j'ai trouvé gênant que l'histoire soit racontée par deux personnages bien distincts : séparément et sous des angles et points de vue différents, ok mais pourquoi  parlent-ils tous
les deux à la 1ère personne ? : certes c'est vivant mais pas  vraiment logique (cela dit on s'y habitue).

Si le personnage de Luc est bien imaginé, bien campé , bien raconté et  non seulement parfaitement crédible mais aussi profondément émouvant -voire bouleversant- d'un bout à l'autre du roman (bravo à l'auteur),

le personnage de Bertrand , en revanche, m'a posé problème :

Mis à part le fait que ses propos sont cyniques, son langage vulgaire et son comportement totalement pervers : tout ça est plutôt déstabilisant dans la mesure où Bertrand est l'une des deux personnes qui racontent l'histoire,
En fait, ce qui me dérange dans le personnage de Bertrand c'est que l'auteur semble vouloir obliger le lecteur à le trouver sympathique malgré tout, au-delà des discours , réactions et comportements de ce personnage en réalité parfaitement abject vis-à-vis de Luc, pourtant encore un enfant lors de leur rencontre (et dont Bertrand ose pourtant dire qu'il le considérait comme son meilleur ami).
Par respect pour les futurs lecteurs, je ne peux pas développer mes commentaires sur Bertrand, mais tout en lui est malsain : non seulement d'ailleurs  vis-à-vis de Luc mais aussi avec les femmes en général  et Sandrine en particulier.
Honnêtement dit, je n'ai pas compris si la création de ce personnage répugnant était volontaire pour les besoins de l'histoire ou si elle  était due à une erreur d'appréciation de l'auteur quant à l'impression donnée au lecteur par la globalité de ce personnage tout au long du roman : je n'ai pas pu adhérer aux paragraphes qui semblent vouloir forcer le lecteur à éprouver des sentiments positifs ( ou empathiques) à l'égard de Bertrand et qui rendent  d'ailleurs (à mon humble avis) ce personnage décidément incohérent.

En ce qui concerne les autres personnages, comme je le disais au début, ils sont tous bien conçus et bien racontés dans leurs sentiments, leurs propos et leurs réactions -des meilleures aux pires- d'êtres humains.
En ce qui concerne l'histoire en elle-même, tout m'a semblé parfaitement bien ficelé et vraisemblable dans le milieu terrifiant dans lequel Bertrand emmène Luc.
Le "pourtant pas très moral" de certains épisodes de cette histoire finalement cadre finalement plutôt bien avec la morale finale.
Les soupçons déroutants mais inévitables sur certains personnages alimentent et augmentent le suspense dû aux évènements tragiques ;
J'aurais aimé que le personnage de l'inspecteur Brandt soit davantage creusé, ainsi d'ailleurs que celui de Lounis.
Les différents récits des ébats or*iaques dans lesquels Bertrand entraîne Luc n'apportent rien au roman, bien au contraire.

Malgré le gros problème que m'a posé le personnage de Bertrand,  je tiens à dire que j'ai aimé ce roman et je sais déjà que je garderai longtemps en mémoire le personnage qui m'a vraiment sincèrement et profondément émue :
Luc, "L'Arménien".



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