dimanche 11 juin 2017

Faire un four

Faire un four 


"Échouer, ne pas avoir de succès" (en parlant d'une pièce de théâtre ou, plus généralement, d'une manifestation artistique). La variante faire four est aujourd'hui vieillie.

Si les deux pièces qui nous précèdent allaient faire four, nous serions joués en février. Il est inouï, dans les fastes théâtraux, que trois pièces de suite aient du succès.
(G. Flaubert, Correspondance, 16 octobre 1889)

La locution est attestée vers 1660."En termes de comédiens, on dit faire un four pour dire qu'il est venu si peu de gens pour voir la représentation d'une pièce qu'on a été obligé de les renvoyer sans la jouer" (1690, Furetière).
L'explication la plus répandue de l'origine de l'expression, notamment depuis Littré, est que, faute de spectateurs, on ferait l'économie des lumières de la salle qui deviendrait alors "noire comme un four" (four étant déjà au XVII s. une métaphore très répandue de l'obscurité d'un lieu).
Pourtant, d'après Esnault, l'association obscurité-insuccès viendrait d'un sens particulier de éclairer : "rapporter de l'argent", datant du XVII s. Une pièce qui "n'éclaire pas" est un échec.(cf, en argot de théâtre, avoir le vicomte Dufour dans la salle, in Esnault).

(Dictionnaire des Expressions et Locutions, Le Robert)



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