mercredi 3 mai 2017

Le dernier facteur - Virginie Paquier

'Le dernier facteur-Virginie Paquier

Le dernier facteur - Virginie Paquier


Le début :


Valentin se prépare pour effectuer sa tournée : sauf que les temps ont changé et que les drones ont bouleversé et même brisé le quotidien des facteurs : dans la sacoche de Valentin, une seule lettre à livrer dans toute la semaine, alors autant dire qu'il tient à l'apporter, cette lettre ...


Mon avis :


Le début manque un peu d'entrain, sans doute est-ce voulu pour mieux exprimer l'ambiance morose qui règne dans la profession et dans la maison de Valentin ainsi que l'humeur maussade et fataliste de ce dernier.

Étonnant , plausible mais peu logique le temps que consacre Valentin à Pierre, ce destinataire âgé qui chaque mardi l'emmène faire un tour de jardin après avoir pris sa lettre hebdomadaire : car une telle chose ne serait pas possible si Valentin avait une charge de travail normale ; sans compter qu'il se fait la réflexion qu'il ne doit pas en faire trop.

Sympathique l'idée de départ qui entraîne le lecteur dans une fiction où ce jeune homme, pour ne pas manquer à ses obligations professionnelles, plonge dans une farce délirante qui aura l'effet inverse de celui escompté puisqu'il se va se rendre coupable de faute professionnelle et de négligence vis-à-vis d'un usager.
Le récit pourrait être un peu plus drôle et dynamique  sans que cela nuise au roman, bien au contraire : je trouve qu'il n'y a pas assez de dialogues et que tout cela manque un peu d'humour.

Bref, le roman se laisse lire mais l'ambiance est -et reste- morose alors que ce genre de farce est censé faire rire ou alors contenir un peu de suspense, ce qui n'est pas le cas, en tout cas pour l'instant.
Bien sûr, on se demande qui est l'auteur de ces lettres, mais c'est avant tout le comportement absurde -et, disons-le, cruel- de Valentin qui occupe les pensées du lecteur : on est agacé et effaré avant même d'être attendri.
Est-ce que l'action va se corser ? Je le souhaite car, sur le fond, la thématique est touchante et on ne peut s'empêcher d'espérer recevoir encore, comme Pierre, des lettres d'amour à 86 ans !

Arrive ensuite Sally, ex petite-amie de Valentin, un personnage déconcertant qui n'attire vraiment pas la sympathie. Pour le moment je ne comprends pas si c'est voulu ou s'il s'agit d'une incohérence.
Une histoire à deux improbable qui ne rend pas Valentin plus intéressant : ce personnage semble passablement mou, sans personnalité, pas très futé et renforce l'impression générale de fadeur.

La référence aux amours d'un certain Charles m'a paru cynique et déplacée et donne de surcroît une connotation "gnangnan" qui à elle seule classifie le roman (qui n'avait pas besoin de ça) dans une catégorie "à l'eau de rose".

Malgré ces bémols j'ai envie de connaître la suite (je n'en suis qu'au quart, il va donc forcément se passer des choses !).

Effectivement ensuite ça bouge un peu. Pas de suspense palpitant mais l'enquête menée par Valentin et ses nouveaux amis ouvrent et referment quelques pistes et offrent quelques émotions.

Un passage émouvant : celui où tout s'éclaircit.

Pour résumer, ce roman est  au départ une idée sympathique,  une fiction s'appuyant sur des habitudes et des sentiments humains bien familiers. Mais les personnages sont à l'image du titre : ils semblent appartenir à une époque révolue et participent à une histoire qui, par l'impression de torpeur qui s'en dégage, enferme un peu les protagonistes dans une atmosphère plutôt grise, un peu comme dans une maison vide dont tous les meubles sont recouverts de housses.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire